Pour diverses raisons, on peut avoir avoir l’envie de devenir son propre hébergeur web, et de domicilier physiquement son site web chez soit. Bien entendu, si le "home hosting" présente de nombreux avantages, il n’est pas sans risque ni contrainte.
Cet article se destine à un public averti, si vous envisagez de créer ou d’héberger votre premier site Internet, je vous déconseille de tenter de vous auto-héberger.
Les Avantages et inconvénient de l’auto hébergement sont à prendre en compte avant de se lancer dans l’auto-hébergement, et il conviendra dans tous les cas de respecter les lois en vigueur.
Tout site Internet doit être hébergé sur un serveur informatique en permanence connecté sur Internet, un serveur web.
Le plus simple pour héberger son site Internet, c’est d’utiliser l’espace mis à disposition par votre fournisseur d’accès à Internet (FAI), en utilisant ce service, vous pourrez héberger gratuitement votre site Internet, qui sera globalement tout le temps disponible, sauf bien sûr quand les serveurs du FAI seront en maintenance ou en panne.
L’offre la plus connue est celle de free.fr, qui propose un espace web de 10 GO avec une base MySql et la gestion du php. La plus connue est aussi la plus utilisée, et mes expériences sur free certes satisfaisantes coté rapport qualité / prix (c’est gratuit !) m’ont quand même laissé une impression de lenteur et d’indisponibilité fréquente.
Après avoir gouté à l’hebergement gratuit, il vous prendra peut-être l’envie de tester un hébergeur payant, avec un vrai service client et un vrai nom de domaine.
Sur free.fr, votre site s’appelait tartenpion.free.fr,
Sur un hébergeur payant, votre site s’appelera tartenpion.com
Les hebergeurs web ont développé des gammes de services répondant à toutes les situations possibles, et dans 95% des cas, un hébergement dit mutualisé sera largement suffisant.
Ayant testé et utilisé pendant pendant de longues années (et aujourd’hui encore), je vous recommande OVH, d’ailleurs j’ai tellement posé de question au service client que je ne dois pas être en bon client, enfin je veux dire un client rentable. (Surtout que le service client m’a toujours répondu).
| Nom de domaine seul chez OVH | 5 € TTC |
| Nom de domaine & hébergement web chez OVH | 30 € TTC |
Ainsi, pour 30 € par an, vous pourrez avoir un nom de domaine et un site web hébergé sur un serveur mutualisé.
Si votre site à peu de visiteurs, et génère un petit trafic journalier, l’hébergement mutualisé est fait pour vous. Un hébergement mutualisé, c’est un serveur qui héberge des dizaines voir des centaines de sites web, de cette manière on mutualise les ressources du serveur et donc le coût. Le seul problème, c’est que les trois quarts des visites sur les sites web ont lieu de 18h à 22h, et qu’en général, sur cette tranche horaire les sites webs vont ramer un peu ou beaucoup selon la qualité de votre hébergeur web.
Si votre site rame trop, il vous faudra soit changer d’offre d’hebergement (et pour cela monter en gamme), soit passer sur un serveur dédié, pour profiter pleinement de 100% des ressources du serveur, mais le coût annuel augmentera alors exponentiellement.
Un hébergement mutualisé coûte de 2 à 10 € par mois. Un hébergement sur un serveur virtualisé (cloud, RPS ...) coûte de 10 à 30 € par mois. Un hébergement sur un serveur dédié coûte de 40 à 200 € par mois.
Le tableau ci dessous récapitule les caractéristiques de chaque type d’hébergement.
| Critère | Serveur Mutualisé | Serveur Virtualisé | Serveur Dédié | Serveur auto hebergé |
|---|---|---|---|---|
| Quantité de base SQL | + | + + + | + + + | + + + |
| Puissance de traitement SQL | + | + + | + + + | + + + |
| Puissance de traitement PHP | + + | + (+) | + + + | + + + |
| Langage de programmation, scripts, administration | - | + (+) | + + | + + + |
| Espace de stockage | + + | + | + + + | + + + (+) |
| Sécurité de stockage | + + + | + | + + (+) | + + (+ +) |
| Bande passante instantanée | + + | + | + + + | - |
| Trafic Mensuel Maximum | 500 Go | 2 000 Go | 30 000 Go | 200 Go |
| Disponibilité du serveur | + + + | + + | + + + | + |
| Résistance aux attaques DOS | + + + | + + | + + | + |
| Résistance aux attaques de défaut de sécurité | + + + | + (+) | + (+) | + (+ +) |
| Coût mensuel location | 2 à 10 € | 10 à 30 € | 40 à 200 € | 0 € |
| Coût mensuel amortissement | 0 € | 0 € | 0 € | 0 à 10 € |
| Coût mensuel électricité | 0 € | 0 € | 0 € | 4 € |
| Coût total | 2 à 10 € | 10 à 30 € | 40 à 200 € | 4 à 14 € |
Commentaires :
Un serveur auto hébergé présente les avantages suivants :
Performance :
Avantage ergonomique :
Maitrise des coûts :
Sécurité :
Un serveur auto hébergé présente les inconvénients suivants :
Performance :
Maitrise des coûts :
Sécurité :
Disponibilité :
Maintenant, il ne reste plus qu’à vous lancer !!!
Le bilan technique n’est pas très favorable à l’auro hébergement, un site à succès ou proposant des documents lourds (photos, PDF) sera assez inadapté en raison de la faible bande passante.
Ce problème de bande passante sera résolu lorsque la fibre optique sera déployé en France, permettant un upload entre 10 et 50 fois plus rapide.
Une fois la fibre optique déployé, on assistera à une explosion d’un nouveau type de P2P, le Private To Private, échanges de fichiers plus ou moins légaux entre deux personnes physiques au moyens de serveur FTP privé, sans aucun possibilité de contrôle ni de censure de l’hadopi.
D’ici là, l’auto hébergement présente quand même un intérêt indiscutable, il vous met à l’abri d’une coupure arbitraire décidé par votre FAI sous pression d’un censeur extérieur.
Exemple 1 : Le pot de fer contre le pot de terre
Microsoft tente, puis renonce, à bloquer la publication d’un document "gênant"
Source : zdnet.fr
Arguant d’une violation de la législation DMCA relative au droit d’auteur, Microsoft a obtenu la déconnexion du site Cryptome qui avait mis en ligne un document détaillant les données des utilisateurs de ses services en ligne enregistrées par l’éditeur et à disposition de la police.
Site connu pour ses publications de documents sensibles, cryptomeorg a été déconnecté hier après que Microsoft en ait adressé la demande à son hébergeur, sous prétexte d’une violation de la loi américaine DMCA (relative au droit d’auteur).
Cette menace de poursuites en justice de Microsoft faisait suite à la publication sur cryptomeorg d’un document(...)
Microsoft a dans un premier temps contacté l’auteur du site, arguant d’une entorse à la DMCA pour le contraindre à retirer le document en question. Après avoir essuyé un refus, Microsoft a finalement contacté l’hébergeur du site, Network Solutions, qui a accédé à sa demande, déconnecté cryptomeorg puis bloqué le domaine.
(...)
Cet premier exemple montre qu’il faut bien choisir son hébergeur, et pouvoir le contacter rapidement. On peut faire fermer un site en menaçant l’hébergeur d’un procès, et celui ci à alors obligation de vous déconnecter.
Exemple 2 : Comment censurer ces blogs qui dérangent un journal ? En faisant pression sur l’hébergeur...
Début 2010, le groupe de blogueur "Lille43000" reçoivent un mail de leur hébergeur internet, OVH. Cette société les somme de retirer l’article « La Voix du Nord : les Identitaires sont nos amis ! » de leur blog dans les quarante-huit heures, sous peine d’une suspension de ses services. A l’origine de cette censure ? Le service juridique de La Voix. (...)
Ce deuxième exemple illustre de manière concrète le risque de déconnexion d’un site internet qui contiendrait un article litigieux.
Si vous êtes auto hebergé, vous êtes à la fois l’auteur du site, et son hébergeur, le censeur ne dispose alors d’aucun moyen de pression rapide autre qu’un procès en bonne et due forme.
Bonsoir,
Certes l’auto-hébergement c’est bien, mais faut avoir de solides connaissances question sécurité...
Et pour ce qui est des moyens de pression, les FAI peuvent être obligés par hadopi de supprimer un abonnement internet et par conséquence rendre impossible l’autohébergement.
Me trompe-je ?
Sauf que pour supprimer un accès ADSL, il faut passer devant un juge.
Et qu’un site auto hébergé donnera un argument supplémentaire pour bloquer le blocage, surtout si le site est critique voir polémique...
Et puis Hadopi, on y est pas encore ^^